L’empreinte carbone du livre, un enjeu de communication

En pleine polémique entre Greenpeace et l’exploitant forestier Résolu, la problématique écologique est l’objet d’une bataille entre les tenants du livre imprimé et ceux du livre numérique.

Les imprimeurs font valoir de nombreuses études censées démontrer que l’empreinte carbone du livre « papier » est largement inférieure à celle de la tablette. Pur sophisme, car si l’empreinte carbone d’un livre « papier » est de 7,5 kg en équivalent carbone et celle d’un iPad de 130 kg…, l’iPad peut contenir des milliers de livres (il est évidemment moins coûteux énergétiquement de télécharger des livres, films, musique en quantité que d’en produire autant sur des supports physiques). Mais il faut reconnaître que ces dernières années, les acteurs de la chaîne du livre se sont engagés sur le recyclage du papier, la gestion des déchets et des solvants, la limitation du pilon par l’impression à court tirage ou à la demande.

Les acteurs du numérique, toujours prompts à reprocher à la vieille économie sa nocivité environnementale, tardent, eux, à mettre en oeuvre des engagements forts en faveur de l’environnement.
Ils organisent l’obsolescence programmée de leurs produits (et osent s’en défendre), multiplient les lieux de production et de vente qui font transiter les produits par cargos à travers les océans, utilisent des matières premières, métaux et minerais dont l’extraction est extrêmement coûteuse tant au niveau environnemental que social, créent des produits très consommateurs d’énergie, et détiennent quantité de serveurs qui nous permettent de stocker dans le Cloud (non, nos fichiers ne volent pas au milieu des nuages mais sont stockés sur des gros serveurs, très consommateurs de matières premières et d’énergie, dans des usines disséminées à travers le monde).

Comme les géants du numérique ne sont jamais à court d’idées pour promouvoir leurs solutions comme les seules favorables à la transition énergétique, quand la vieille économie est toujours soupçonnée de ne pas en faire assez, sur le terrain de la communication la bataille est mal engagée.

Les matières premières nécessaires à la fabrication des liseuses et tablettes (plastique, matériaux chimiques, lithium des batteries) ne sont recyclées qu’à hauteur de 30% en Europe.
Livre papier : vingt millions d’arbres sont sacrifiés chaque année sur la planète pour fabriquer les centaines de milliers de livres publiés. Dont un sur cinq qui proviennent encore de forêt anciennes.

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