La littérature érotique par des femmes pour les femmes

Longtemps écrite par des hommes pour des hommes, la littérature érotique s’émancipe et devient une littérature de genre écrite par des femmes pour les femmes.
 
Bien sûr parfois des femmes ont pris la plume pour écrire, souvent de manière confidentielle des livres érotiques ou considérés comme tels  à leur époque (Colette, Anaïs Nin, Violette Leduc, Régine Desforges, Emmanuelle Arsan et avant il y eut Louise Labé, Rachilde) mais on a plus souvent lu (Sade, D.H. Lauwrence, Oscar Wilde, Pierre Louÿs, Georges Bataille, Paul Léautaud, Henry Miller…).
 
​Franck Spengler, directeur des éditions Blanche et directeur éditorial chez Hugo&Cie a vu arriver la vague des manuscrits érotiques écrits par des femmes dès la fin des années 80 ; au milieu des années 90, il publiait 4 livres érotiques écrits par des femmes pour 1 écrit par un homme.
Aujourd’hui, la new romance ou mum porn fait un tabac auprès des lectrices ; lire de l’érotisme est presque un passage obligé au risque de paraître coincée et anti-féministe… La musardine a lancé cette année, une nouvelle collection G. dont les auteurs sont exclusivement féminines et dédiée uniquement aux lectrices, avec un parti pris résolument « anti-patriarcale ». 
 
Phénomène de société parfaitement marketé par les éditeurs, la nouvelle littérature érotique adapte les codes de la littérature de « gare » : couvertures accrocheuses, titres en anglais, récit au rythme soutenu, passion et bien sûr scènes sexuelles torrides (l’érotisme soft ne marche plus) .
Les lectrices, entre 18 et 30 ans, ne rougissent plus de lire dans le métro Cinquante nuances de Grey, la série After ou Beautiful Bastard même si elles avouent souvent ne pas aimer lire :-)). Les garçons, eux, sont passés à la vidéo (pour jouer mais aussi pour regarder du porno), ils ont abandonné les SAS et même les pages lingeries du catalogue La Redoute, pour éprouver leurs premiers (et autres) émois solitaires (ou pas).
 
Parce que l’érotisme se cache parfois dans la littérature la plus classique, je vous conseille de faire un tour sur l’excellent article de Vanity Fair « Les scènes érotiques les plus insoupçonnées de la littérature » ou de lire ou relire quelques doux sonnets de Louise Labé sur Un jour, un poème

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *